Nathalie GRANGE

Nathalie GRANGE a suivi une formation artistique à l’Ecole des Beaux Arts de Bordeaux. Elle est restée vivre dans sa région d’origine mais ses peintures sont exposées dans plusieurs galeries en France. Elle combine une technique à l’acrylique à ses grattages et collages sur toiles . Nathalie Grange promeut la notion de transfert d’une image populaire à un champ artistique. Les images proviennent de découpages de la presse grande diffusion comme ELLE ou Paris Match, des sources facilement accessibles de la culture populaire. Chaque collage peut être compris comme incorporation d’une matérialité quotidienne dans une œuvre d’art. Cette artiste prouve la possibilité d’un dialogue entre les différentes formes d’art qui ensemble visent à illustrer la réalité urbaine. Ces toiles sont saturées de fragments d’articles prélevés dans les magazines, comme on peut le voir dans la toile Deux Amis qui est moins un portrait individuel qu’une image générique reconnaissable.                                                                          

Nathalie Grange attache une attention particulière au réel. Le réel étant pris dans les aspects les plus ordinaires du monde de la rue plein de mouvements et de rythmes. Les bruits, les modes et tensions complexes de la cité jaillissent de ses toiles: grésillements de la bande FM, flashs de pub, klaxons des véhicules, samples des musiques urbaines, défilé de logos et panneaux publicitaires, déchets et rejets de la société de consommation qui ajoutent à la confusion des artères urbaines. Le travail de Nathalie Grange l’autorise à s’émanciper de la peinture pure comme seul et unique moyen d’expression. Cet abandon se traduit par une attention accrue aux objets de la vie quotidienne, à l’environnement, avec la volonté de mettre en question le point de vue traditionnel du sujet et de l’espace. Nathalie Grange capte l’atmosphère des rues comme dans la toile Ville, et peint un univers flou, baigné de lumières et  d’agitation. Elle conçoit une technique de recyclage et de juxtaposition des images médiatiques grâce à laquelle se crée un vocabulaire et une esthétique. Cette insertion du banal, du populaire et du quotidien a pour effet de réinventer les formes plastiques. À la manière d’Arp ou Schwitters, des éléments hétérogènes et hétéroclites sont assemblés dans le but de créer une nouvelle forme artistique. Ces œuvres sont une explosion chromatique, saturée de couleurs, de mouvement, et de rythme, une sorte de symphonie construite par cette beauté baudelairienne de la cité.