Francine TOULEMONDE

« Mes oeuvres, je les réalise par pulsions, par associations d’idées. Je ne suis pas une intellectuelle de la sculpture. Je suis une « instinctuelle ». Le corps humain m’inspire, essentiellement. J’aime traduire ses attitudes, les sentiments qu’il exprime à travers elles et que je tente de rendre par l’ expression du visage et du corps et surtout, par le mouvement. Aussi, modeler d’après nature m’est un exercice nécessaire, mais non suffisant Ce que je désire capter et transmettre est de l’ordre du réalisme, certes, mais il s’agit du réalisme du sentiment. Dans la série des «Esclaves », par exemple, j’ai cherché à imaginer ce que pouvait ressentir un homme enchaîné et contraint: révolte, soumission, panique, souffrance, solidarité. Ce qui m’intéresse, c’ est rendre l’intensité d’un mouvement par le muscle. Mes sculptures ne sont donc pas lissées car le rendu que j’espère serait moindre. D’autre part, étant donné que je goûte peu les postures statiques, mes oeuvres ont cette forme de déséquilibre, qui est mouvement. Car le mouvement en sculpture est une idée, que prolonge le regard…La liberté que m’offre la cire au moment du modelage trouve son écho dans celle que le bronze accorde: si ces techniques sont assez longues à mettre en oeuvre, elles autorisent une grande souplesse d’ exécution et de belles possibilités créatives. Je fonds moi-même mes sculptures,avec mon mari Jean-Louis, pour les mêmes raisons: cette liberté m’est chère; j’aime maîtriser entièrement mon travail. » (Francine TOULEMONDE dans Pratique des arts, n°68, Mai 2006)